dimanche 24 juillet 2011

L'écran bleu.

En ce dimanche 24 juillet 2011 à midi, le Japon est définitivement passé dans l'ère du numérique.

Programmation spéciale donc pour commémorer la télévision analogique, et aussi pour dire au revoir à ma petite télé qui n'était pas prête pour ce changement.

Pour vous donc, reportage exclusif en immersion 10 minutes avant la fin de la télé hertzienne au Japon.

 La dernière météo, avec des nouvelles du tsunami de ces derniers jours, qui commence à s'éloigner des côtes japonaises.

 Adieu à la télévision analogique en forme de séquence nostalgie; la télé au coeur de la grande épopée humaine...

 11 secondes avant la fin... La crème de la crème ( euh...) de la télé japonaise réunie pour dire au revoir à la télévision hertzienne. En star au centre, Dejika le cerf digital. On le voyait constamment à la télé ces derniers temps dans des spots publicitaires incitant les gens à effectuer le passage au numérique.

Au dessus du compteur, remarquez-aussi le petit logo "アナログ" (anarogu). Quand j'étais à Kyoto il y a deux ans, il apparaissait déjà sur les télés non-équipées pour le numérique. Comme quoi, quand les Japonais veulent mettre en place quelque chose de nouveau, ils s'arrangent vraiment pour que tout le monde le sache bien longtemps à l'avance.

 Deux secondes avant la fin. En voilà une qui a l'air toute ravie de savoir qu'elle va passer à répétition dans les Enfants de la télé version japonaise.

Le compteur indique 0. Fin des émissions hertziennes. Merci ma bonne vieille télé pour tes bons et loyaux services.

vendredi 22 juillet 2011

L'Empire des chiffres.

Ces derniers temps je me suis essayé aux joies de la recherche d'un emploi au Japon. Je vais pas m'épancher sur les rigidités du système, je les ai déjà décrites à plusieurs reprises dans mon blog précédent. Il faut s'y prendre longtemps à l'avance, les entreprises ne recrutent en général que des étudiants pouvant travailler à partir d'avril de l'année suivante, etc...

Mais le plus gros problème, que j'anticipais vaguement mais que je n'avais pas vraiment vu venir, ce sont les mathématiques. Pour la plupart des entreprises, il est d'usage de faire passer aux candidats une multitude de tests d'aptitude. Et au Japon, les maths font partie de ce savoir de base qu'il est indispensable de connaître. Le système d'éducation français m'aura fait croire pendant quelques années qu'il était possible de s'en sortir sans les maths, pourvu que l'on sache faire autre chose. C'était un beau rêve éveillé, mais je me rends compte désormais que je ne pas demeurer un tel handicapé des chiffres si je compte vraiment travailler en dehors de l'Hexagone ( petite périphrase pour me faire réviser la géométrie en même temps.).


Je ne sais pas encore si je vais poursuivre ma recherche d'un travail au Japon. Si je m'engage vraiment dans cette voie-là, il faudra plutôt que je cherche l'année prochaine ( pour pouvoir commencer à travailler à partir d'avril 2013). Ce qui est sûr, c'est que si je veux vraiment être au point sur les maths et autres réjouissances, il va falloir que je m'y prépare dès maintenant. Donc boulot au Japon où pas, j'ai décidé de me remettre aux maths à raison de 30 minutes par jour dès demain. ( 15 minutes le matin et 15 minutes le soir).

C'est la méthode que j'ai appliquée pour apprendre le japonais : la régularité. Sauf que pour le japonais je le faisais avec plaisir, et je ne lésinais pas sur le temps passé ( il n'était pas rare que le quart d'heure matinal se transforme en heure). Mais bon, j'imagine que même s'il y a peu de risque que je dépasse mes quarts d'heure de maths, il n y a pas de raison que la régularité ne porte pas ses fruits ici aussi. C'est juste un vieux traumatisme de primaire qu'il me faut surmonter. Et même si je ne travaille finalement pas au Japon, ça me sera toujours utile d'être enfin parvenu à faire une tête au carré à Pythagore.

C'était donc un article en forme de bonne résolution pour ce 22 juillet 2011, puisque rien n'empêche de faire des bonnes résolutions le 22 juillet ( surtout si c'est pour s'y tenir toute l'année). Je croise les doigts (de manière à former un triangle rectangle dont je calcule l'hypoténuse).

jeudi 21 juillet 2011

Mitama.

Ca y est, un beau typhon est passé à Tokyo pour faire baisser un peu la température et nous apporter le temps tout gris qui faisait défaut ces derniers temps. Je vous assure que ça fait du bien, avec ce mercure qui s'affolait de plus en plus au fil des journées ensoleillées.

Je sors donc de ma torpeur estivale pour vous donner un peu de mes nouvelles. Quelques photos du festival "Mitama", qui a lieu tous les ans au sanctuaire de Yasukuni à la mi-juillet.

 Yasukuni, c'est le sanctuaire qui honore les esprits des soldats morts pour le Japon durant la seconde guerre mondiale.
 Séquence nostalgie avec des chansons militaires issues d'un autre temps ( cf : la couleur des cheveux des gens assis aux premiers rangs).

Le musée adjacent au sanctuaire, qui nous présente sa (ré)vision de l'histoire.

 Mais oublions un peu l'aspect polémique pour profiter pleinement ce qui reste un très beau festival.
 Avec toutefois ce petit défaut commun à tous les festivals : ça grouille de partout. Ca fait partie du folklore certes, mais je crois que je n'en demandais pas autant.


vendredi 24 juin 2011

Un revenant.

Non, je ne fais pas référence à moi-même dans le titre de cet article. Le revenant dont il est question ici, c'est d'un vieux pote que je ne voyais plus ces derniers temps :

 Le Mont Fuji, qui semble hésiter à se dévoiler après avoir passé deux longues semaines caché sous son épais manteau nuageux.

Ca fait plaisir en tout cas de commencer une journée par cette vue-là.

lundi 6 juin 2011

Conflit d'intérêts.

Depuis un peu plus d'un mois, on peut voir ces écrans dans différentes stations du métro de Tokyo.

Le taux d'électricité utilisé par rapport à la capacité totale. Et oui, avec toutes ces centrales nucléaires hors service, il faut désormais être très vigilent quant à la consommation d'électricité, afin d'éviter la pénurie.

Sauf qu'installer un écran pour dire de ne pas trop laisser allumé le sien chez soi, je me demande toujours si il n y avait pas un autre moyen d'inciter aux économies d'énergie...

samedi 4 juin 2011

Le mystère des pinces à linge.

Drôle de météo ces derniers temps. Un jour il pleut des trombes et il fait tellement froid qu'il faut ressortir les vêtements de novembre, et le lendemain il fait une chaleur estivale.

Premières victimes de ces caprices de la météo : mes pinces à linge.


Il faudra faire une étude sur l'effet des alternances chaud/ froid sur les pinces à linge, parce que c'est quand même un phénomène extraordinaire. Dès que j'appuie un tout petit peu, elles se cassent toutes comme des brins de paille.

Un ciel de Tokyo typique en cette saison... Fin d'une journée froide et pluvieuse et beau temps en perspective pour le lendemain. Bon courage les pinces à linge!

mercredi 1 juin 2011

Le mois sans pluie.

Sur le calendrier que j'ai accroché dans ma chambre, figurent les noms en japonais ancien de chaque mois. Pour dire janvier, février ou mars, en japonais contemporain on dit "mois 1", "mois 2", ou "mois 3", etc.
Très pratique et facile à apprendre certes, mais pas super poétique...

Avant les mois avaient des noms plus recherchés, en référence aux spécificités de chaque saison. En tournant ma page de calendrier ce matin, j'ai donc appris que "juin" se disait auparavant "Minadzuki"

水 mi : l'eau
無 na : sans
月 dzuki : le mois

Juin se disait donc en japonais ancien "le mois sans eau".

Une bonne petite blague, quand on sait que le mois de juin correspond pratiquement exactement à la saison des pluies. Mais j'imagine qu'il s'agit là d'une façon de conjurer le sort. En appelant le mois le plus pluvieux de l'année "mois sans eau", les Japonais cherchaient peut-être à montrer qu'ils ne se laissent pas démonter aussi facilement par une nature capricieuse.


Le "mois sans eau" pour désigner la saison des pluies, ça me fait penser à une autre histoire que m'a racontée Saki ( qui décidément m'aura appris des tas de choses sur la culture japonaise).

A l'été, les Japonais ont l'habitude d'accrocher ces petites clochettes chez eux :


Les "fuurin",(littéralement : les clochettes du vent).

N'allez pas penser que ces drôles d'objets sont là uniquement pour la déco, ils ont une fonction bien précise : celle de climatiseur.

Aujourd'hui la clim est présente partout au Japon, jusque dans les méandres du métro tokyoïte. Mais à une époque où il n'était pas possible de rafraîchir l'air artificiellement , pour supporter la chaleur de l'été les Japonais se rafraîchissaient mentalement.

La particularité de ces "fuurin", c'est de faire du boucan au moindre petit souffle de vent. Du coup, en entendant le bruit des clochettes sonner sous une chaleur insupportable, les Japonais pouvaient se dire " Tiens les clochettes sonnent. Donc il y a du vent. Donc il fait frais". Un peu comme de l'auto-suggestion, si vous voulez...

Cela fait bien longtemps que les Japonais ont abandonné les "fuurin" comme moyen de se rafraîchir mentalement, les gardant uniquement pour le folklore. Sauf qu'avec les pénuries d'électricité prévues pour cet été en raison de l'incident nucléaire de mars dernier, ils se pourrait bien que les Japonais aient à renoncer au confort de la clim, pour renouer avec les joies de la climatisation auto-suggérée...