dimanche 8 mai 2011

Patrimoine universel.

Peu de temps après mon arrivée au Japon en Octobre de l'année dernière, je me suis embarqué pour un voyage dans le Nord du Japon. Ce voyage m'a entre autres conduit dans la ville de Hiraizumi.

Hiraizumi est située dans la préfecture de Iwate, l'une des plus durement touchées par le tsunami.

Je viens d'apprendre hier que le site de Hiraizumi avait été retenu par l'UNESCO pour être classé en tant que patrimoine mondial de l'humanité. La Kyoto du Nord, comme certains aiment l'appeler, deviendrait ainsi le 15ème site japonais a être classé en tant que patrimoine de l'humanité (ce qui est encore trop peu en comparaison à la trentaine de sites classés en France!).

Les mauvaises langues diront sûrement que le tsunami y a été pour quelque chose, mais on ne peut que se réjouir d'une telle nouvelle. Ca fait longtemps que Hiraizumi cherchait à devenir un site classé, il y a donc aussi dans cette décision la récompense pour de nombreuses années d'efforts. Grâce à ce classement à l'UNESCO, les visiteurs reviendront sans doute admirer la beauté d'une région qui, même pour les Japonais, n'évoque désormais plus que désolation et destruction.

Et pour finir, voici quelques images supplémentaires de mon voyage à Hiraizumi de l'année dernière:


 La gare de Hiraizumi ( autrefois une grande capitale régionale, aujourd'hui une petite ville de campagne paisible). Sur la pancarte à gauche est écrit "pour l'inscription de Hiraizumi au patrimoine mondial".





L'immense jardin du Môtsû-ji, l'un des temples les plus importants de Hiraizumi.
 Le jardin, datant de l'époque Heian, est considéré comme le mieux préservé de tout le Japon. Le petit ruisseau que vous pouvez voir ci-dessus est typique des jardins de cette époque.



Tout autour du lac artificiel, les rochers sont disposés de manière à représenter la côte escarpée de différents endroits du Japon.

Voilà, mes souvenirs de Hiraizumi ne sont plus très détaillés, mais j'espère que cette petite présentation incomplète vous aura donné envie d'aller y faire un tour. Dépêchez-vous, car même si l'inscription à l'UNESCO est une très bonne nouvelle, il ne sera sans doute bientôt plus possible d'admirer cette ville avec tout le calme et la sérénité qu'il se doit...

samedi 7 mai 2011

Okutama.

Camping à Okutama, charmant petit coin paumé à environ 60 kilomètres au Nord-Ouest de Tokyo.












jeudi 28 avril 2011

L'après.

Un mois et demi après, que reste-t-il du séisme du 11 mars?

Je ne peux pas dire rien, ça serait complètement oublier la situation dramatique dans laquelle vivent toujours des centaines de milliers d'individus dans le nord du Japon. Mais tout de même, pour ce qui est de Tokyo, à vivre dans cette ville on a du mal à croire que le Japon vient tout juste de connaître sa crise la plus grave depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Les répliques sismisques se sont calmées ces derniers temps, si bien que la ville semble avoir bien repris son rythme normal. Bien sûr il est encore beaucoup question de la catastrophe et de ses conséquences dans les médias, mais il semblerait que les Japonais aient commencé à prendre un peu de recul.

Le seul changement durable qui m'ait vraiment marqué, c'est l'apparition de deux nouvelles cartes dans tous les JT météo du pays. Chaque jour après les prévisions météo nationales, il y a d'abord la carte détaillée des prévisions pour les préfectures de Miyagi et de Iwate, les plus durement touchées par le tsunami. Ensuite la deuxième nouveauté, c'est la carte indiquant le sens des vents autour de la centrale de Fukushima. Il n y a donc guère que la météo pour nous rappeler que de nombreux  Japonais vivent encore un calvaire au jour le jour...

Beaucoup des reportages que l'on peut voir à la télévision sont résolument tournés vers l'après. Comment le Japon va-t-il faire pour parvenir à se sortir de cette crise sans précédent, et à retrouver sa place dans le monde? Il est sûr que l'influence de cette crise dans les mentalités sera de très longue durée, et le gouvernement japonais essaye en ce moment de tout faire pour se débarasser de cette image de centrale fumante, à laquelle la catastrophe du mois dernier l'a réduit.

L'autre jour, ils ont par exemple montré un reportage sur certaines stratégies employées pour faire revenir les touristes étrangers au Japon. Avec l'aide de financements publics, certaines agences proposent ainsi des voyages à prix cassés, mais qui comportent pour les voyageurs une contrepartie originale : l'obligation de publier les photos de leur voyage sur internet, par le biais de blogs ou de facebook. Après tout, qui de mieux pour faire revenir les étrangers au Japon que les étrangers eux-mêmes? Pour l'instant cette stratégie touristique n'a été essayé qu'avec des voyageurs coréens, mais vous feriez mieux de vous renseigner, au cas où ils auraient l'idée d'élargir ça à la France...

En tout cas je suis content de savoir que  par le biais de ce blog, je contribue donc un peu moi aussi à l'effort national. Et donc si jamais les photos de sakura que j'ai publiées ces derniers temps vous ont donné envie de réserver vos billets pour le Japon, et bien n'attendez plus!

dimanche 24 avril 2011

Tout le monde s'en fout...

J'avais dit que j'en avais terminé avec les photos de cerisiers, mais je dois faire un dernier petit article pour rendre hommage à un genre de cerisiers bien particulier.


Les "yae zakura", qui parce qu'elles sont trop belles et trop voyantes, n'ont pas réussi à trouver leur place dans le coeur des Japonais.

"Yae"  signifie littéralement "huit feuilles". En fait les yaezakura n'ont pas nécessairement huit feuilles, mais c'est le terme généralement employé pour désigner les fleurs de cerisiers possédant plus de cinq feuilles.

Je ne sais pas si vous avez eu l'oeil suffisament observateur pour remarquer ça sur les photos précédentes, mais les fleurs de cerisier comme les aiment les Japonais comportent normalement cinq feuilles.

Le motif de la fleur de cerisier à cinq feuilles est utilisé un peu partout et jusque sur les bouches d'égout.

Pourquoi se limiter à cinq feuilles, alors que plus il y a de pétales plus c'est joli?

Ca c'est tout le mystère de l'esthétique japonaise. Il faut que ça soit beau, mais que ça reste relativement simple et discret. Huit feuilles et plus, c'est beaucoup trop tape-à-l'oeil. Ca fait vraiment le cerisier bling bling qui dit "Moi, moi, moi, moi!". Alors que pour les Japonais, toute la beauté du cerisier réside surtout dans son côté fragile et éphémère. Juste cinq petites pétales, qui ne sont là que pour quelque temps avant de s'envoler au moindre coup de vent...

Comme nous n'avons pas en France l'obsession des cerisiers à cinq pétales, il me semble que la plupart des cerisiers que nous pouvons voir par chez nous sont ces "Yaezakura" que les Japonais aiment tant à bouder.

Les cerisiers bling bling résistent mieux, et arborent fièrement leurs fleurs pendant très longtemps. Mais du coup ils n'intéressent personne. 
Cette esthétique de la simplicité, c'est quelque chose que l'on retrouve partout dans l'art et dans la culture du Japon. A Kyoto par exemple, il y a le Kinkakuji ( pavillon d'or) et le Ginkakuji ( pavillon d'argent).

Le pavillon d'or :


Le pavillon d'argent :

Si le pavillon d'or semble pouvoir mériter à peu près son nom, on ne peut pas en dire autant du pavillon d'argent... En fait le pavillon d'argent devait à origine être recouvert d'argent, mais les travaux n'ont jamais pu aboutir car la guerre a éclaté à ce moment là. Finalement, même une fois la situation rétablie, ils ont trouvé que le pavillon d'argent était pas mal non plus comme ça, et rien n'a été fait pour reprendre les travaux là où ils avaient été interrompus.

C'est donc de très peu que le pavillon d'argent a échappé au bling bling. Beaucoup de Japonais considèrent que par sa simplicité et par son raffinement, il est plus élégant que le pavillon d'or. Je vous laisse vous faire votre propre avis là-dessus...

Pour en revenir à nos cerisiers, même si les yaezakura ont eu l'outrecuidance de ne pas respecter les règles de l'esthétique japonaise, ils restent très beaux quand même. Je devais donc consacrer un petit article à ces oubliés.

jeudi 21 avril 2011

Décision, sécu et négociation.

J'ai à peu près décidé l'ensemble des cours auxquels je vais participer ce semestre. Il reste encore quelques hésitations, mais il me reste une semaine pour annuler mon inscription à certains cours.

Le plus gros doute concerne le cours du mardi à 10h30, sur "la décision politique". Je suis le seul étranger visible ( comprendre non asiatique) dans la classe, du coup le professeur a pris une fâcheuse manie de me poser tout un tas de questions... Je ne sais pas très bien si c'est qu'il est vraiment content de ma présence, où s'il espère me faire désister ainsi. En tout cas si je prépare chaque séance de manière à être bien calé sur chaque question que pourrait me poser le prof, c'est sûr que je vais en apprendre des choses. Le problème, c'est que je suis pas vraiment certain de vouloir en apprendre autant.

Il y a beaucoup de théorie dans le cours, et je me noye souvent parmi les nombreuses définitions données par le professeur. Mais jusqu'à présent il y a toujours eu des éclaircissements sur les problèmes politiques auxquels sont confrontés les décideurs politiques actuels. A la séance dernière, il a été question des critères que devait retenir l'administration pour l'indemnisation des victimes du séisme et du tsunami. La logique la plus basique voudrait que les familles comptant le plus de défunts soient plus indemnisées. Mais il ne faut pas oublier que la perte d'un seul individu constitue déjà un lourd fardeau, qui pèse d'autant plus lourd qu'il y a de membres restants dans la famille... C'est un macabre calcul qui consiste donc à transposer en une somme d'argent une perte censée irremplaçable, mais qui reste inévitable dans le but d'apporter une aide nécessaire.

Un peu plus de légèreté avec la sécu ( même si les problèmes sont sans doute pas si éloignés). Je me suis inscrit à un cours qui consiste à lire en français des textes consacrés au système de sécurité sociale français. Le système français est généralement considéré à l'étranger comme un modèle, et il est beaucoup étudié au Japon aussi. J'ai donc pensé que ce cours me permettrait sûrement de savoir ce que le modèle français avait de si extraordinaire pour les Japonais, tout en en apprenant plus sur le fonctionnement de la sécu au Japon. On parle souvent du système japonais comme intermédiaire entre la France et les Etats-Unis, mais je vous en dirai plus d'ici 3 mois...

Après j'ai un cours intitulé "négociation et accord", qui consiste à apprendre des techniques pour bien négocier et se mettre d'accord ( sans blague!!). C'est assez sympa, on a des sortes de jeux de rôles de négociations dans divers contextes ( par exemple la semaine dernière : vente d'un terrain), et on essaie d'appliquer à chaque fois les méthodes apprises en cours. C'est donc un cours exigent qui demande beaucoup de participation et de travail personnel, mais ça a l'air d'en valoir la peine. Et puis peut-être qui si je n'arrive pas à valider ce cours, on pourra toujours négocier...

Voilà, il y a d'autres cours bien sûr mais j'en parlerai une prochaine fois.

mardi 19 avril 2011

Fonds de tiroirs.

Je vous montre quelques restes de sakuras et après c'est promis on passe à autre chose....