jeudi 21 octobre 2010

Eric et Frédéric

Mission adminitrative accomplie! Je suis désormais en possession de ma carte de résident étranger, et j'ai pu aller au bureau d'immigration pour faire une demande d'autorisation à travailler au Japon... Un seul élément perturbateur : la pluie...

Voici une jolie carte de Tokyo, sur laquelle figurent en bleu les endroits où je me suis rendu aujourd'hui :

 Après être passé à la mairie d'arrondissement pour récupérer ma carte de résident étranger, je me rends donc au bureau d'immigration qui, comme vous pouvez le voir sur la carte, est situé sur une île un peu reculée, au fin fond de la baie de Tokyo... ( plus reculée qu'elle n'y paraît sur la carte).
 La baie de Tokyo. Certes c'est pas très joli, mais sous la brume je trouve que ça a quelque chose d'un peu envoutant...

Après un peu plus de vingt minutes de marche depuis la gare de Shinagawa, j'arrive enfin au bureau d'immigration. Me voici dans l'univers d'Eric ( Besson ).
J'étais un peu inquiet à l'idée de devoir visiter cet endroit, j'ai eu des échos de nombreuses personnes qui m'ont dit y avoir attendu des heures. Et puis même si au Japon tout est en général mieux organisé qu'en France, je me disais que ce genre d'endroit, dans n'importe quel pays, ça devait toujours être le bordel. Une attente interminable jusqu'à ce que son tour arrive, plein de gens qui se fâchent dans toutes les langues...

En fait, ça s'est pas si mal passé que ça. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Japonais traitent correctement leurs immigrants. Je ne pense pas que l'on puisse dire la même chose de tous les pays...
Prenons, au hasard, l'exemple de la France. J'ai déjà eu l'occasion d'accompagner des amis japonais au bureau d'immigration à Paris. Tous les employés étaient au degré 0 de la patience. A chaque fois qu'ils demandaient quelque chose, c'était systématiquement en gueulant :"TYPE DE VISA?", "DEPUIS COMBIEN DE TEMPS?". Et malheur à celui qui s'aventurait à leur demander de répéter une explication...

Je me souviens que pour éviter de me faire engueuler par l'employée, je m'étais entraîné dans ma tête à exposer de la façon la plus concise possible la situation de mon ami japonais. N'empêche que ça a échoué, elle a quand même trouvé quelque chose à nous balancer à la figure... Donc voilà, même pour moi ça a été très stressant. Je vous laisse donc imaginer le calvaire que ça doit être pour un étranger se rendant non-accompagné au bureau d'immigration à Paris.

A Tokyo, rien de tout ça. J'arrive comme une fleur : " Bonjour, ça serait pour obtenir un permis de travail au Japon." On me demande ensuite calmement quelques précisions, et on m'envoie au deuxième étage, guichet B pour obtenir mon ticket. Après 20 minutes d'attente, ma demande est officiellement enregistrée, et je peux repartir.

Ca s'est donc passé sans accroc. Il n y a plus qu'à espérer qu'il n y aura pas de pépins non plus dans la suite de la procédure. Si tout se passe bien, je devrais recevoir un courrier d'ici 15 jours ou 3 semaines pour venir retirer mon permis de travail au bureau d'immigration. Et ouais, le bureau d'immigration et moi, on va certainement devoir faire un petit bout de chemin ensemble... Donc tant mieux s'ils sont corrects.



 Retour dans l'immense gare de Shinagawa. Dites les gens, ça vous gêne pas d'avoir une grande affiche de Napoléon trônant fièrement au-dessus de vos têtes?
 Comme mes formalités adminitratives se sont déroulées plus rapidement que prévu, je suis allé faire un petit tour dans Tokyo. Arrêt à la gare de Shinbashi.
 Et depuis Shinbashi, je marche jusque Kasumigaseki...

 Photo très intéressante prise en plein centre de Kasumigaseki. Le siège social ( sans mauvais jeu de mots) du fabricant de toilettes numéro 1 au Japon : Toto

Au niveau des appareils photos ou des téléphones portables, la concurrence se fait de plus en plus dure pour le Japon. Mais s'il y a bien un domaine où l'archipel demeure le leader incontesté, c'est celui des toilettes. Vous avez sûrement déjà vu plusieurs fois dans des reportages sur le Japon ces toilettes hyper hi-tech fabriquées par les Japonais, dotées d'un véritable tableau de bord, qui doit sans doute posséder plus de fonctions qu'un i-pad... Vraiment, quand on s'installe sur le siège des toilettes au Japon, on a parfois l'impression que l'on s'apprête à s'embarquer pour une extraordinaire aventure intergallactique! Mais le retour à la réalité est dur, quand on s'aperçoit qu'on est juste là pour satisfaire ses besoins humains les plus ordinaires...

Enfin bref, vous l'aurez compris, les toilettes sont une véritable institution au Japon. Et le mot ne pourrait être mieux choisi, car le quartier de Kasumigaseki, où est située l'entreprise Toto, regroupe tous les ministères et autres institutions politiques de premier plan.
 Juste en face de l'immeuble "Toto" se trouve le ministère de la culture. Encore une disposition des lieux dont seuls les Japonais sont capables... Enfin, profitons-en pour faire un petit coucou à Frédéric ( Mitterrand, et en passant à toi aussi cousin!)
Pour finir et vraiment pour dire d'être complet, voici une photo du Parlement japonais ( la Diète), situé bien sûr lui aussi à Kasumigaseki. Sauf que comme le bâtiment est actuellement en rénovation, on en voit pas grand chose... Vous en aurez sûrement une bien meilleure vue si vous cherchez "diete japon" dans google images".

Avant de nous quitter, vous avez peut-être remarqué que j'ai ajouté de nouvelles fonctions dans la barre d'outils à droite : un outil recherche dans le blog, une liste des articles les plus lus, et une belle photo de la lune flottant au dessus de la "Tokyo Sky Tree" en construction.

Je ne sais peut-être pas encore utiliser toutes les fonctions des toilettes japonaises, mais pour ce qui est de la gestion du blog, je commence à maîtriser!

mercredi 20 octobre 2010

On dirait le Nord...

Comme il me reste pas mal de photos en stock de mon voyage dans le nord du Japon, voici une petite compilation de photos prises à Sendai...
Vous n'aurez sans doute aucun mal à vous rendre compte que le nord du Japon est comme le nord de tous les pays : bon-vivant, audacieux, mystérieux, magnifique... indicible Nord.

 Tiens, c'est curieux, j'ai le sentiment d'avoir déjà vu ce genre d'édifice quelque part... L'imitation est quasiment parfaite, il n y a que le petit détail traitre du distributeur automatique de boissons en bas à gauche qui gâche tout... Et oui, il n y a que les Japonais pour aller caser des distributeurs dans des endroits pareils, donc nous étions bien au Japon... ( Non, sans blague?!)
 La médiathèque de Sendai
 Un beau torii robocop. Fallait quand même oser le gris métallique, mais les ch'tis japonais l'ont fait!!
 Le mausolée de Masamune Date, la grande star de Sendai, dont je vous ai longuement parlé dans mon premier article consacré à cette ville.
Et pour finir, la photo d'un festival qui a lieu tous les mois de septembre à Sendai : l'Oktoberfest.
Oui, je sais, ils sont un peu décalés par rapport à la vraie Oktoberfest, mais c'est parce qu'ils s'offrent carrément de vrais musiciens faisant partie de la fête, qui font un petit passage par Sendai en septembre avant de rejoindre Munich en octobre.

Voilà pour ce petit tour de Sendai. Demain, journée très administrative en perspective. Enfin, j'espère que je vais pas y passer toute la journée quand même, mais je pense que je vais bien devoir y sacrifier au moins ma matinée... D'abord, il faut que j'aille à la mairie d'arrondissement pour récupérer ma carte de résident étranger. Ensuite, avec ce précieux document en main, je peux aller au bureau d'immigration qui se trouve à l'autre bout de Tokyo, pour faire une demande d'autorisation à exercer une activité rémunérée. Donc si tout se passe bien, demain je serai totalement en règle avec mes papiers et presque autorisé à travailler. Enfin, espérons que tout se passe bien...

mardi 19 octobre 2010

Istanbul-Tokyo

Ce week-end, j'ai découvert un curieux endroit tout près de chez moi...


Une mosquée en plein coeur de Tokyo!!

 L'endroit fait à la fois office de mosquée et de centre culturel turc. L'édifice actuel est plutôt récent, mais son histoire est parait-il assez ancienne. La mosquée a été construite pour la première fois par les premiers immigrés Turcs arrivés au Japon. Aujourd'hui ils ne sont certainement pas plus nombreux qu'à l'origine, mais il doit y en avoir quelqu'uns par ci par là quand même...
 J'y suis allé avec un ami de Komaba, on a reçu un très bon accueil. Ils nous ont servi le thé et tout, et tout. On a aussi discuté avec un Finlandais ( ou Finnois, je sais jamais...) d'origine pakistanaise, qui nous a demandé si on pratiquait une religion quelconque. J'ai répondu que non, mais que je m'intéressais beaucoup au bouddhisme. Il a répondu que le bouddhisme ça pouvait être bien pour passer le temps, mais que ça manquait d'un grand Livre, d'un grand Dieu tout-puissant, et donc qu'il fallait mieux se mettre au christianisme ou à l'islam...
 Bon on verra, on ne sait jamais, peut-être que les études de sciences politiques finiront par me faire prendre conscience de la petitesse de notre bas monde, pour me conduire à l'illumination. Mais entre nous, je préferais que celle-ci prenne la forme d'un éveil bouddhique...

lundi 18 octobre 2010

Koabitashion

Pour ma présentation de vendredi, je suis en train de lire plein de trucs en japonais sur la politique française. C'est très intéressant de lire ce qui se dit à l'étranger de son propre pays, surtout si on en est très éloigné.

Les auteurs japonais se posent des questions que l'on ne se pose pratiquement pas en France, sans doute par habitude, et aussi peut-être un peu par esprit chauviniste...

Dans le bouquin que je suis en train de lire sur le système politique français, ils disent que le régime de la IIIème République ( instaurée en 1870) se rapproche dans son fonctionnement du parlementarisme à l'anglaise. Sauf qu'à la place de la Reine, c'est le Président qui inaugure les chrysanthèmes, comme on dit...
L'auteur se demande donc pourquoi il a fallu tant de temps et d'expériences politiques échouées aux Français, alors que le régime auquel la France a finalement abouti existait déjà de l'autre côté de la Manche. Pourquoi les Français ne l'ont-ils pas utilisé comme modèle dès le début?

Bien sûr, la réaction instinctive d'un Français, ça serait sûrement "prendre modèle sur les Anglais, et puis quoi encore?!" N'empêche que vu du Japon, on comprend très bien qu'ils puissent se poser la question...

Autre chose, à propos de la Vème République. On apprend souvent qu'elle a été instaurée par de Gaulle en 1958, et que l'un de ses objectifs principaux était le renforcement des pouvoirs du président. Oui d'accord, mais alors dans ce cas, pourquoi ne pas avoir inscrit dès le début dans la Constitution l'élection au suffrage universel du Président de la République? Pourquoi avoir attendu 1962 pour faire une réforme constitutionnelle à ce sujet?

En terminale, je me souviens avoir appris que de Gaulle avait lancé le référundum sur l'élection au suffrage universel du Président de la République suite à l'attentat manqué du Petit-Clamart, en 1962... Je me suis jamais vraiment posé la question de savoir pourquoi, je l'ai juste retenu parce que ça pouvait faire bien sur une copie. Mais c'est vrai que quand on y pense, ça mérite réflexion tout ça...

C'est aussi très utile de lire en japonais sur la politique française pour mieux répondre à toutes les questions que peuvent me poser mes petits camarades japonais. Comme je vous l'ai déjà dit, je suis dans un master de politique publique. La plupart des étudiants ont donc des connaissances sur les systèmes politiques des différents pays du monde, et parfois ils me posent des questions assez précises sur la vie politique française :
Mais alors, comment ils se partagent les rôles entre le Président et le Premier ministre? Et ça se passe comment en période de cohabitation (koabitashion en japonais) ?
C'est le genre de choses que l'on pense bien savoir quand on a fait son lycée en France et qu'on a l'habitude de voir Sarko et Fillon tous les jours à la télé, mais en fin de compte c'est pas si facile que ça à expliquer... Surtout que tout ce qui peut nous paraître évident ne l'est pas forcément pour les Japonais. D'où l'intérêt de lire un peu ce qu'ils disent sur nous.

Bon allez je vous laisse, il faut que je retourne potasser avec Do Gôru, Pompidû, Jisukaru Desutan, Mitteran, Shiraku et Sarukoji...

Heureux évènement

Avant-hier s'est produit un très heureux évènement : le versement sur mon compte en banque de quelques dizaines de milliers de yens forts bienvenus.

Ca y est, ma bourse a enfin été versée!! Et en plus, comme c'est le premier mois et que je viens tout juste d'arriver au Japon, la somme est doublée au nom de l'aide à l'installation... Quel pays formidable.

Vous pensez bien que pour fêter ça, j'ai été pris d'une grosse envie de claquer quelques yens d'un seul coup. Je me suis donc offert un petit plaisir. A votre avis quoi?? Une nouvelle paire de chaussures? Une soirée avec une geisha? Le nouveau jeu Pokémon qui vient tout juste de sortir au Japon?...

...

Alors, alors, un indice ? :


Non, je me suis quand même pas offert tout un paté d'immeubles de Shibuya... Ce que vous voyez là, c'est juste le magasin où je suis allé pour m'offrir...

Oui, oui, une toute petite puce de rien du tout. Qui contient...

Un dictionnaire!!! Génial non?... Comment ça, "t'aurais pu trouver mieux"?! Je suis désolé, mais on se refait pas...

En fait, les puces que je me suis achetées contiennent des extensions pour mon dictionnaire électronique. Comme ça maintenant, en plus du français, de l'anglais et du japonais, j'ai aussi de l'allemand et de l'espagnol dans mon dictionnaire!! Elle est pas belle la vie??

Il faut savoir qu'en Asie orientale, de Pékin à Tokyo en passant par Séoul, les dictionnaires papiers, ça ne s'utilise pratiquement plus. Tout le monde possède un dictionnaire électronique. Celui que j'ai maintenant, je me le suis acheté il y a un peu plus d'un an, juste avant de rentrer en France de mon séjour à Kyoto. Il me restait pas mal de yens à claquer, alors j'avais fait une folie... Comment ça, "c'est ça que t'appelles faire une folie"?!


Toujours est-il qu'à l'époque où j'ai acheté le dico, le vendeur m'avait demandé si je souhaitais une carte de fidélité au magasin d'électronique. J'ai accepté, tout en disant que c'était dommage, parce que je m'apprêtais à quitter le Japon... Le vendeur m'a alors répondu "Zehi, nihon ni modotte kite kudasai!" (il faut absolument que vous retourniez au Japon!). Bien sûr, c'était juste de la politesse commerciale, mais la phrase m'est quand même bien restée dans la tête...

La carte de fidélité au magasin "Bic camera" étant valable deux ans, quand je l'ai faite faire je me suis dit qu'avec un peu de chance, j'aurais peut-être l'occasion de refaire un tour au Japon moins deux ans après mon retour en France... Mais j'étais loin de m'imaginer que j'allais carrément retourner y vivre à peine un an après!

Du coup ça avait aussi une valeur symbolique pour moi. Cette carte de fidélité que le vendeur m'a donnée avec un énergique "il faut que vous reveniez au Japon!", c'etait un peu mon billet de retour pour le pays du soleil levant... Donc je me suis dit qu'il fallait que je l'utilise, aussitôt que j'en aurais les moyens.

En plus c'était pas seulement symbolique, parce que la carte m'a permis de bénéficier d'une belle réduc, de près de 4500 yens. Peut-être que les points se sont bonifiés avec le temps, ou alors un cadeau de rebienvenue au Japon...





Le fric, c'est chic!

samedi 16 octobre 2010

C'est moi qui m'y colle!

Aujourd'hui a été une journée décisive : j'ai finalement rendu la liste des cours auxquels je vais m'inscrire pour ce semestre.

En tout, ça fait 7 cours, dont un auquel j'assiste simplement en auditeur libre ( celui sur la diplomatie française, à Komba). Je pense que c'est largement suffisant, surtout que les profs nous donnent pas mal de lectures à faire en japonais. En particulier dans les premières séances, on a pas mal de livres à la "que sais-je?" à lire pour assimiler les bases de chaque sujet. Pour les Japonais, ce sont des lectures simples et rapides, mais pour moi, ça prend quand même un peu plus de temps…
Et à peine l'inscription aux cours terminée, je me retrouve déjà avec mon premier gros travail à rendre, dans mon cours de politique comparée entre la France et le Japon. Les deux premières séances sont consacrées à une brève présentation des deux systèmes. Hier, c'était la séance sur le Japon. On avait un livre à lire et un élève était chargé de faire un commentaire oral sur sa lecture. La semaine prochaine sera consacrée au système français. Sauf que l'élève qui était chargé de faire la présentation de la semaine prochaine s'étant finalement désisté du cours, il a fallu trouver un remplaçant. Le prof n'a pas hésité très longtemps avant de me demander :"Ben tiens, toi comme t'es Français tu veux pas t'en charger?".

Et voilà comment je me retrouve avec ma première présentation orale à faire pour la semaine prochaine... Il suffit pas de lire le livre et d'en faire un résumé, il va aussi falloir apporter sa touche personnelle et aussi savoir prendre pas mal de recul.

De ce point de vue, le cours d'hier sur la politique japonaise était vraiment fascinant. Même si après la seconde guerre mondiale, le Japon a adopté un régime démocratique inspiré du modèle britannique, la démocratie japonaise est loin d’être parfaite : Ce n’est que très récemment (2009), que le Japon a enfin connu l’alternance politique. De 1955 à 2009, le Parti Libéral Démocrate (PLD) a régné quasiment sans partage, confondant ses propres institutions avec celles de l’Etat.

Pendant plus d’un demi-siècle, le PLD ayant été systématiquement reconduit au pouvoir, les Japonais ont peu à peu perdu la conscience des hommes politiques comme les représentants de la volonté du peuple. La politique japonaise s’est ainsi peu à peu bureaucratisée, à tel point qu’il existait au sein du PLD un véritable système d’avancement à l’ancienneté, permettant à chaque parlementaire de la majorité d’occuper chacun son tour un poste ministériel. Le pays a donc été continuellement gouverné par une bande de vieux croutons, incapables d’imposer leur volonté à l’administration, qu’ils sont pourtant censés avoir sous leur contrôle.

Car parallèlement à la bureaucratisation des hommes politiques, une autre particularité de la politique japonaise, c’est la politisation de l’administration. Apparemment au Japon, l’image de l’administration est légèrement différente de celle que les gens ont en France. L’administration y serait moins « déconnectée », un peu plus présent sur le terrain, et plus à l’écoute des réclamations des citoyens. Je n’ai pas encore étudié le système, donc pardonnez la formulation un peu vague…  Toujours est-il qu’au Japon il existerait un système un peu plus performant, par le biais duquel les réclamations de la population circuleraient très bien depuis la base jusque dans les plus hautes sphères ministérielles, pour ensuite être traduites en politiques concrètes.

Donc la grande question : dans un pays où la bureaucratie est si performante, à quoi servent les politiques ? Après tout si le système s’est fossilisé d’une telle manière que c’est toujours le même parti qui reste en permanence au pouvoir, et les mêmes vieux croutons dont la seule obsession est leur avancement dans la hiérarchie, est-ce qu’une bureaucratie bien à l’écoute des citoyens ne serait pas une représentante plus légitime de la volonté du peuple ?

Vous pouvez sans doute l’imaginer, lorsque le Japon a enfin connu l’alternance en 2009, les slogans à la « yes we can ! » ont fleuri de partout. Seulement après plus d’un an de gouvernement par l’opposition, est-ce que les choses ont vraiment changé ? Est-ce que les choses peuvent vraiment changer ?

On a vu resurgir les mêmes problèmes, les mêmes démissions de premier ministre au bout d’à peine un an pour cause de multiples scandales…
Dans le modèle démocratique de base, chaque ministre a à sa disposition un ministère, afin de mettre en œuvre une politique gouvernementale définie dans un programme. Sauf que dans le cas du Japon, la longue permanence au pouvoir du PLD a conduit les ministres à se considérer non pas comme les initiateurs d’une politique gouvernementale, mais comme les simples porte-paroles de leurs ministères respectifs. Difficile de dire si le changement de couleur politique peut vraiment changer quoi que ce soit à cette longue tradition…

Au fond une véritable démocratie c’est peut-être un peu comme l’apparition de la vie sur une planète. Pour que ça fonctionne très bien, il faut qu’un nombre incalculable de conditions soient remplies, et les probabilités sont vraiment minimes… Du coup pour que l’Etat marche quand même, des phénomènes de bureaucratisation sont sans doute inévitables. Si le miracle de la démocratie ne peut pas être entièrement accompli, vouloir tout remplacer partout par la stricte volonté populaire, c’est peut-être le risque de courir à la catastrophe…

Je laisse ici mes interrogations. Désolé si jamais j’en ai perdu quelques uns en cours de route, mais en tout cas vous aurez sans doute compris que je trouve ce cours très stimulant.

jeudi 14 octobre 2010

Vieux souvenirs...

Dans un article d'il y a quelques jours, je racontais comment deux boutiques en plein coeur de Tokyo m'avaient rappelé des tas de souvenirs de ma précédente année au Japon.
voir l'article

J'ai donc ressorti du placard mes vieux albums photos, et me suis amusé à refeuilleter les pages un peu jaunies de ce passé pas si ancien... Enfin plus exactement, je suis allé dans "explorer" et j'ai cliqué sur "Mes documents", "Japon Kyoto", et ai ouvert le dossier "photos", qui contient toutes les images au format jpg de mon année à Kyoto... Mais avouez que dit comme ça,  ça perd tout de suite tout son charme...

Je me suis surtout aperçu d'un oubli fondamental. Ce fameux dernier voyage à Shimane, dont je vous parlai l'autre jour, je n'en ai laissé aucune trace dans mon précédent blog. J'avais commencé le récit du dernier voyage avant le retour en France jusque Hiroshima, mais je me suis arrêté là.
http://lucaskyoto.canalblog.com/archives/2009/08/31/14908716.html#comments

Il est donc bien temps que vous sachiez la suite. Après Hiroshima, je me suis d'abord rendu à Iwakuni, pour ensuite traverser les terres et rejoindre le côté mer du Japon.


Quelques photos d'Iwakuni :


A vrai dire Iwakuni c'était juste un pont. Un pont très connu, mais juste un pont quand même...

Après Iwakuni, je prends donc le train pour rejoindre la préfecture de Shimane. Autant les lignes ferroviaires sont très développées le long des côtes, quand on veut traverser les terres, c'est tout de suite un peu plus compliqué. Pour aller de Iwakuni à Izumo, je garde le souvenir de grands détours et de nombreux changements, et de très longues attentes dans les gares pour attraper un train ne passant que deux ou trois fois par jour... Pourtant, rien qu'à voir la carte, ces deux villes sont juste à côté l'une de l'autre.


 Quelques gares où j'ai du poireauter... Certaines gares étaient si petites qu'il n y avait absolument personne. ( et quand je dis personne c'est bien personne, pas même des employés). Du coup j'avais la gare pour moi tout seul. Dedans je suis tombé sur un livre d'or/ cahier de réclamations très intéressant :
Arrivé à Izumo, j'ai posé mon sac de couchage dans un grand parc pour dormir à la belle étoile. J'étais parti à la sauvage...

 Le lendemain, je me lève avec le soleil...

 Arrivée de très bon matin au magnifique sanctuaire d'Izumo.


Ici la spécialité c'est les noeuds...

Après Izumo, je me suis dirigé vers la très belle ville de Matsue.
 Son lac.
 Son château tout noir.
 Sa très belle vue sur le lac depuis le sommet du château tout noir.

Voilà, je vous laisse sur ces dernières images de Matsue, et je vais aller ranger mes vieux albums dans le grenier.... ( boh allez on fait comme si!...)