mardi 25 janvier 2011

Gentillesse japonaise.

Hier, ils ont fait des travaux sur le parking juste au pied de ma résidence universitaire. Malheureusement, quelqu'un a eu la bonne idée de laisser sa voiture garée toute la journée juste là où il ne fallait pas.


Il semblerait qu'il soit parti ce matin ou hier dans la soirée; il a dû avoir une belle surprise en arrivant. En tout cas il a eu de la chance d'être au Japon, je ne sais pas ce qu'il serait advenu de sa voiture s'il avait fait ça en France...

Avant la bataille...

Hier, j'ai regardé la deuxième partie du film "Red Cliff", diffusé pour la première fois sur la télé japonaise. C'est un film sorti il y a un peu plus de deux ans et qui parle, comme son nom l'indique, de la bataille de la falaise rouge.

La bataille de la falaise rouge, c'est une grande bataille de l'histoire chinoise qui a eu lieu en 208 et qui marque le début de la période dite des "Trois Royaumes". A cette époque de morcellement de la Chine, un puissant seigneur venu du Nord et ravageant tout sur son passage était sur le point de devenir le maître suprême de l'Empire du milieu. Mais deux petits royaumes du Sud se sont unifiés pour contrer son expansion, et sont parvenus à lui mettre sa raclée lors de la fameuse bataille des la falaise rouge.

L'histoire des Trois Royaumes, c'est un peu comme la guerre de Troie de l'Asie. Ca a été une telle source d'inspiration littéraire qu'il est désormais difficile de démêler la réalité de la légende. Il y a beaucoup de points communs entre les deux d'ailleurs. La bataille de la falaise rouge n'est pas remportée par la puissance militaire, mais par une ruse grosse comme un cheval de Troie : convaincre l'ennemi qu'il ferait mieux d'attacher tous ses bateaux, parce que c'est plus facile de les cramer comme ça. ( ben voyons).
Et comme pour la guerre de Troie l'histoire a été romancée à souhait, puisque cette gigantesque guerre est censée avoir eu pour but ultime la conquête d'une seule femme ( cela dit c'est vrai qu'elle est belle, mais de là à foutre un tel bordel dans toute la Chine...)

L'adaptation cinématographique quant à elle avait un petit côté seigneur des anneaux. Apparemment beaucoup des personnages qui apparaissent dans le film ont tellement brillé par leur bravoure ou par leur sagesse qu'ils sont considérés comme des dieux aujourd'hui en Chine ( et pas seulement au sens figuré, mais des vrais dieux avec des temples qui leur sont consacrés et tout et tout), mais moi comme je ne les connaissais pas vraiment certains m'ont surtout fait penser à des elfes ou des nains avec des yeux bridés.
Ils ont même fait le coup du vieux sage qui s'en va au milieu du film, et qui revient juste au moment le plus décisif de la bataille.

Un beau film épique en tout cas, qui me rappelle que moi aussi il faut que je me prépare pour la grande bataille qui m'attend. Sauf que ça ne sera pas tout à fait pareil, pas une bataille avec des épées, du sang et des flammes ( du moins je l'espère). A la place des chevaux galopant héroïquement pour empêcher le monde d'échapper à un destin funeste, ce sera plutôt le bruit des doigts pianotant frénétiquement sur le clavier de l'ordinateur pour rendre le rapport avant la fatidique date limite...

Bon ok j'ai compris, je me mets au boulot plutôt que de dire des conneries...

samedi 22 janvier 2011

La grosse boule jaune qui ne fout rien.

Il est bien gentil de nous apporter le beau temps tous les jours, mais il n y a rien à faire, j'ai quand même l'impression que le soleil japonais est une grosse faignasse.

Aujourd'hui, debout à 5h40 pour aller à mon petit boulot occasionnel de surveillant d'examen. J'arrive sur place à 7 heures, et voilà seulement que le soleil commence à se pointer. Pas trop le temps d'en profiter, il faut placer tout le monde, distribuer les copies. Ca y est, il est 8h30, ça commence, et c'est parti jusqu'à 13h00. Cool, rien à faire hormis annoncer qu'il reste dix puis cinq minutes de temps à autres ( l'examen est divisé en plusieurs petites épreuves). J'en profite pour me consacrer à mes révisions pour mes propres examens...

Une fois le petit boulot terminé, direction l'université pour une simulation de négociation dans le cadre de mon cours de diplomatie en Asie. 12 participants ( Japon, Chine, Russie, Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis, Australie, Vietnam, Thailande, et d'autres....) négociant pour l'élaboration d'un dispositif permettant d'assurer la sécurité dans la région.

Vers 16h30, le soleil commence déjà à se coucher que nous n'avons pas encore décidé si le dispositif en question doit prendre la forme d'un traité, d'un protocole, ou d'une déclaration. ( du plus au moins contraignant).

Et il reste encore trois bonnes heures de négociation, sous l'éclairage blafard de la salle de classe, pour décider de l'essentiel du dispositif que nous essayons de mettre en oeuvre. Tout est donc encore à faire, quand je pense que l'autre dehors a déjà fini sa journée...

La négociation a beaucoup traîné, principalement à cause d'une délégation nord-coréenne prenant très à coeur son rôle, et qui s'était donné pour objectif de rendre le dispositif à mettre en place aussi minimaliste que possible. De nombreuses concessions ont donc dû être faites, pour que les Nord-Coréens acceptent de faire partie du processus,  mais ils ont finalement rejeté en bloc la véritable peau de chagrin de compromis auquel nous étions parvenus. Je déteste et admire en même temps les élèves de la délégation nord-coréenne pour avoir eu le courage d'interpréter le rôle du chieur de service jusqu'au bout. Ils avaient contre eux la Chine, les Etats-Unis et le Japon, qui la lassitude aidant commençaient à laisser s'exprimer leur estomac plutôt que leur cerveau, mais jusqu'au bout ils ont bravement lutté.

Cette simulation de négociation a donc été bien longue et bien chiante, mais il est sans doute bon de se rappeler que le métier comporte ça aussi. En tout cas il faisait déjà bien noir quand nous sommes enfin sortis de ces interminables heures de négociation.

Et pour finir un petit message au soleil, si tu me lis : c'est très bien de rayonner comme ça tout les jours, mais si tu pouvais voir à répartir un peu mieux le temps d'ensoleillement, ça m'empêcherait d'avoir cette fâcheuse impression que mes journées se terminent en deux temps trois mouvements.

jeudi 20 janvier 2011

Tête en l'air

 Quand on se promène dans Tokyo, il ne faut pas oublier de lever la tête...




mardi 18 janvier 2011

Le monde merveilleux de la NHK.

 Voici quelques photos qui trainaient dans mon ordi d'une visite faite en début janvier à la NHK.

La NHK, c'est en quelque sorte le TF1 japonais. Juste à côté des studios se trouve un petit musée assez sympathique. Pour 200 yen ( un peu moins de deux euros), on peut visiter un peu les studios, assister au tournage de certaines émissions, et s'essayer à divers métiers de la télé.
 Présentation du journal... ça on pouvait être sûr qu'on allait y passer, mais c'est quand même bien marrant.
Il y avait aussi une séance doublage, et des projections en 3D ( une projection sur grand écran en 3D et sans lunettes; j'avais encore jamais vu ça!! C'est très bien fait, mais c'est pas regardable plus de quatre minutes...)
 Comme on est au Japon, toute la visite se déroule dans une ambiance joyeusement enfantine. Tout ça est très "kawaii" (mignon), comme ils disent. Au début on se prend au jeu, c'est rigolo :
 Mais au bout d'un moment ça commence à bien faire cette avalanche de mignon. La télé japonaise n'aurait-elle vraiment rien d'autre à nous montrer??
Que je réfléchisse... la semaine dernière il y a bien eu un remaniement ministériel ( et un vrai ), mais personne n'en a parlé.
Ah oui, et aussi un peu avant il y a eu ce problème avec l'ancien leader du parti démocrate ( le parti actuellement au pouvoir) qui a refusé catégoriquement toute "enquête sur sa moralité politique".

Franchement Woerth et compagnie sont "kawaii" à côté de certains spécimens de la politique japonaise... Finalement je comprends un peu pourquoi les Japonais cherchent à noyer une actualité désespérante par un matraquage de programmes tout mimi, tout beau, tout gentil. Pourvu que nous n'ayons jamais besoin d'avoir recours aux mêmes moyens en France.
Nan mais arrêtez!! Là, il y a vraiment overdose..........

Prépa ouverture de pays.

Il est temps pour moi de vous parler d'une activité qui commence à m'occuper de plus en plus ces derniers temps. Depuis maintenant un peu plus d'un mois, je fais partie d'une association dont le créateur est un ami japonais qui étudiait à Paris l'année dernière.

Dans le cadre de cette association, nous comptons organiser une fois par mois un évènement du nom de "Kaikoku-juku". Jeudi dernier a eu lieu sur le campus de Hongô la deuxième édition de "Kaikoku-juku"

Mais d'abord pour commencer, "Kaikoku-juku", ça veut dire quoi?

"Kaikoku", c'est littéralement "l'ouverture du pays", le mot est composé de deux idéogrammes :

開 KAI : ouvrir
国    KOKU : pays

Dans l'histoire japonaise, le terme de "kaikoku" fait référence à un évènement bien particulier. En 1853, le commodore américain Perry se pointe le long des côtes japonaises avec ses intimidants bateaux noirs ( comme les ont alors appelé les Japonais) et requiert l'ouverture du Japon au commerce avec les Etats-Unis. Bien vite imités par les autres nations occidentales, les Etats-Unis mettent ainsi fin à une politique d'isolement du Japon qui aura duré près de 300 ans.

Le commodore Perry.

Les fameux bateaux noirs ( kurofune), débarqués un beau jour...

On remonte encore un peu plus dans le temps : Les premiers contacts du Japon avec l'Occident datent de la fin du 16ème siècle, avec l'arrivée des premiers missionnaires portugais sur l'archipel. Le Japon était alors très divisé politiquement et les missionnaires ont initialement été bien accueilli par certains seigneurs locaux. Mais à cause de cette indésirable religion chrétienne qu'ils prétendaient répandre dans tout le Japon, les Portugais ont rapidement été perçus comme une menace par le pouvoir central.

Le shogun Tokugawa, parvenu à réunifier le Japon sous sa coupe en 1613, instaure un nouveau régime dont les composantes principales sont l'isolement et un ordre social strict, très similaire au système des castes indiennes. Tout en haut de l'échelle se trouvent les guerriers samuraïs, et tout en bas les marchands (si mes souvenirs sont bons). Le destin de chaque individu est tracé dès la naissance en fonction de son rang dans cette échelle sociale, et il n'est en principe pas d'usage de quitter sa terre natale.

Dans cette société très codifiée, les étrangers n'ont bien sûr pas leur place. La religion chrétienne est interdite par les Tokugawa, et toute entrée sur le sol japonais par un étranger est punie de mort. Une seule exception cependant, celle des Hollandais, qui ont réussi à s'attirer les faveurs des shoguns Tokugawa et parviennent à bénéficier de certains avantages commerciaux avec le Japon durant toute cette période de fermeture du pays aux étrangers. Ils n'ont cependant pas le droit de circuler librement sur le sol japonais. Le seul endroit où ils sont tolérés est une minuscule île artificielle du nom de Dejima, située dans la baie de Nagasaki.

Voilà ce à quoi ça ressemblait le Japon, jusqu'à son ouverture forcée par les Américains en 1853.
Par opposition à "Kaikoku", on appelle cetté période de fermeture prolongée l'histoire "Sakoku":

鎖 SA : fermer ( littéralement : la chaîne)
国  KOKU : le pays

Maintenant le terme de "juku" de "kaikoku-juku".

Comme vous pouvez le deviner par le titre de l'article, la traduction française la plus proche serait "prépa", même si le fonctionnement de nos "prépa" et des "juku" japonais n'a stritctement rien à voir ( je développe pas trop, z'avez qu'à le googler) .
Si on résume, les juku sont des endroits où les lycéens japonais se rendent pour suivre des cours du soir leur permettant de se préparer aux examens d'entrée des meilleures universités.

Bien sûr il ne s'agit pas de se préparer à un quelconque examen. C'est juste que coller le terme de "juku"  donne donc un aspect un peu studieux; ca veut dire qu'on est aussi là pour se creuser un peu la tête. Ca implique qu'il faut réfléchir à ce que signifie l'ouverture du pays, et non pas s'en contenter en la considérant comme quelque chose d'acquis. Car comme vous avez pu le voir par ce bref aperçu de l'histoire japonaise, l'ouverture du pays a jusqu'à présent davantage été quelque chose d'imposé par l'étranger, plutôt que quelque chose de véritablement souhaité par les Japonais eux-mêmes.

Autant en 1853 avec l'arrivée des "bateaux noirs" qu'après la défaite de 1945, les Japonais se sont contentés de suivre scrupuleusement les instructions de "Amerika-san" ( monsieur Etats-Unis ), se consacrant de toutes leurs forces au développement économique. Le commerce avec l'étranger s'est ainsi accru, jusqu'à faire du Japon l'une des plus grandes puissances mondiales. Par l'ouverture, les Japonais ont donc acquis le bien-être matériel, mais dans les mentalités leur pays est resté profondément fermé.

C'est la langue japonaise qui symbolise le plus cette relative fermeture des mentalités, en comparaison à l'ouverture économique. Beaucoup de Japonais considèrent encore que l'usage de leur langue est strictement résevé aux Japonais, et ne conçoivent pas que des étrangers (en particulier Occidentaux) puissent s'exprimer dans cette langue.
En France, on considère normal que la langue d'usage sur le territoire soit pour tout le monde le français. Les Japonais interprètent parfois ça comme de l'arrogance. Si l'on croit ce que disent les Japonais, il parait que les Français ne veulent pas parler anglais car ils méprisent cette langue, trouvant que le français vaut beaucoup mieux. Il y a sans doute un peu d'arrogance là-dedans, mais je trouve que c'est avant tout un des signes les plus révélateurs d'ouverture : même avec tous nos problèmes d'intégration, au moins en France on a le mérite de considérer que n'importe qui, quelque soit son apparence, est potentiellement capable de s'exprimer dans la langue du pays.

Au Japon, les choses sont très différentes. Face à un étranger, la plupart des Japonais auront dans leur cerveau cette réaction : étranger = anglais.
Il est donc sans doute plus facile de se débrouiller dans ce pays sans en connaître la langue, car personne n'attendra de vous que vous puissiez dire un mot de japonais. De même que dans de nombreuses occasions où des étrangers sont conviés, tout est prévu pour vous recevoir parfaitement en anglais.

Mais pour le peu que vous sachiez parler japonais, cette séparation "Japonais = japonais", "étrangers= anglais" peut aboutir à des situations stupides est complètement inimaginables en France.
Le Japon est sans doute l'un des seuls pays au monde où le fait de connaître la langue peut parfois représenter un inconvénient bien plus qu'un avantage. Si vous êtes conviés quelque part en tant qu'étranger, vous pouvez être quasiment sûr que tous vos interlocuteurs s'adresseront à vous en anglais. Mais si vous essayez de leur parler en japonais, vous allez les court-circuiter et ils seront gênés, ils ne sauront plus quoi vous répondre. Vous pourrez alors lire très clairement sur leurs visages quelque chose qui veut dire ça : "Merde, un étranger qui parle japonais.... C'était pas dans le protocole...qu'est-ce que je vais faire maintenant...."

Je me suis encore attardé sur des tas de considérations, tout ça pour vous dire que dans le cadre de notre "Kaikoku-juku" nous avons eu cette idée apparamment toute conne et pourtant si novatrice : Japonais ou étranger, tout le monde parle japonais. Un évènement où l'on est convié en tant qu'étranger mais où l'on se retrouve directement à parler japonais, j'ai beau chercher, je crois qu'au Japon ça n'existait pas encore.

Bon allez, j'ai déjà trop parlé, je vous raconterai les détails une prochaine fois.

vendredi 14 janvier 2011

Le diplomate

Rien de neuf dans le blog depuis lundi, je commence à perdre le rythme, il faut vraiment que je me remette à écrire.... Malheureusement les choses ne risquent pas vraiment de s'arranger en janvier puisque les jolis examens de fin de semestre et les gentils rapports m'attendent pour la fin du mois. Enfin, je vais quand même essayer de continuer à écrire régulièrement quand même. Il s'est passé plein de trucs cette semaine, mais je vais commencer par le début.

D'abord un évènement dans le cours de diplomatie française du mercredi matin. Un vrai diplomate du quai d'Orsay, actuellement en poste à l'ambassade de France à Tokyo, est venu nous rendre visite. D'habitude ce cours a lieu pour la plus grande partie en japonais ( même si les documents utilisés, textes ou vidéos, sont en français) mais cette fois-ci avec la présence du diplomate français c'était intégralement en français.

Je suis venu au Japon avec le vague objectif de me préparer aux concours de la diplomatie que je compte passer en rentrant en France, mais c'est la première fois que j'ai eu l'occasion d'écouter une personne travaillant pour le ministère des affaires étrangères. Mais cette intervention m'a apporté une réelle illumination sur le métier de diplomate, et a confirmé mon intention de poursuivre dans cette voie.

Le thème de l'intervention était "les relations de la France avec l'ONU". La présentation était claire et concise, point par point notre intervenant a expliqué quelle était la position de la France sur divers enjeux internationaux. Tout en se faisant le porte-parole de la France, je trouve qu'il savait tout de même garder une certaine distance critique par rapport aux thèmes abordés. Ainsi il a reconnu quels intérêts bien pragmatiques pouvaient se cacher derrière de grands mots tels que "universalisme", ou multi-culturalisme".

Par exemple, si la France demeure attachée à l'ONU, ce n'est pas seulement parce qu'elle croit en une forme de coopération universelle pouvant remplacer les rapports de force entre Etats. C'est aussi parce qu'en tant que membre permanent du conseil de sécurité, la France occupe une place très importante au sein de cette organisation. Avec la toute puissance des Etats-Unis et l'émergence fulgurante de la Chine, la France a de moins en moins son mot à dire dans un monde où ce sont les plus forts qui imposent leur volonté. Mais si l'on admet une sorte de coopération universelle et en principe égalitaire basée sur une organisation, l'ONU, où la France dispose dans les faits d'une influence considérable, alors la France a tout à y gagner. Le diplomate a bien admis cette réalité. Mais en même temps, grâce à ce bon dosage d'idéalisme et de distance critique, on y croyait quand même à tous ces beaux discours. Ces grands principes d'"universalisme", ou de "droits de l'homme", qui sont trop souvents brandits à tort et à travers par nos hommes politiques ne sonnaient plus creux, ou comme de vulgaires prétextes.

J'ai été complètement fasciné par cet art du discours diplomatique. Etre fidèle et défendre avec conviction les principes de son pays, mais en même temps savoir rester lucide quant-aux intérêts plus pragmatiques que ceux-ci servent, afin de leur donner toute leur résonance.