dimanche 7 novembre 2010

Une journée à Waseda

Ce matin en me levant, j'étais super motivé pour faire le travail que j'ai à rendre mardi prochain. Mais vers 9h30, j'ai reçu un message d'un ami japonais rencontré à Paris ( mon premier ami japonais!), qui me proposait d'aller faire un tour du côté de Waseda, pour le festival... Entre aller s'amuser avec un viel ami et passer toute la journée penché sur mon bureau, le choix a été vite fait et mon semblant de motivation s'est écroulé comme un château de cartes.

Waseda, c'est l'université où a étudié mon ami, qui travaille aujourd'hui. Comme pratiquement toutes les universités, Waseda organise une fois par an un gigantesque festival. Quand j'étudiais à Kyoto, j'avais participé au festival de mon université. Waseda, c'est donc le deuxième festival universitaire auquel je vais.

Un point commun : le monde. Vous n'avez pas devant vous un cortège CGT, mais bien une marée d'étudiants en train de flâner tranquillement pour leur week-end...


 Quelques shows sympas...
 Et par ci par là quelques rencontres insolites. Mais avec le monde qu'il y a, mieux vaut ne pas rester tout le temps à l'extérieur. Les salles de cours sont aussi réquisitionnées pour toutes sortes d'évènements : expositions, projections de films, mini-concerts... Je vous emmène donc faire un petit tour en intérieur.
L'université a beau avoir été occupée pour faire tout et n'importe quoi, il n'empêche que dans cette salle, il règne encore une ambiance studieuse... Que peut-il donc bien se passer ici?

Réponse : Un examen, auquel j'ai aussi été convié à participer.
Enfin, pas n'importe quel examen, sinon ça ne serait pas le festival universitaire. Il s'agit d'un examen "Doraemon".
"Doraemon", c'est un manga qui a bercé l'enfance de tous les Japonais. En gros c'est l'histoire d'un chat-robot qui voyage dans le temps. J'en sais pas plus, mais de nombreux Japonais ont la prétention d'être de véritables experts de ce manga. Il n y a pas vraiment d'équivalent en France pour Doraemon. C'est un dessin-animé vu par quasi tous les Japonais quand ils étaient petits, mais quand ils en parlent, pour certains ça va bien souvent au-delà de la simple nostalgie enfantine. Certains aiment à disserter longuement sur Doraemon, comme-ci nous on se mettait à philosopher sur les Schtroumpfs, sans que cela ne choque personne... Au Japon, Doraemon peut mener à n'importe quelle conversation, et n'importe quelle conversation peut aussi mener à Doraemon. Après tout le temps passé au Japon, je pense pouvoir affirmer que je suis rarement perdu dans une conversation en japonais, mais dès que ça commence à causer de Doraemon, je vire au naufrage complet...


Ma belle copie toute corrigée. J'ai gagné en tout 21 points. Ce qui m'a valu... un petit bonbon au chocolat.
Bon, ben encore des progrès à faire en études Doraemon. Je suis pas près de comprendre les Japonais quand ils partent dans leurs délires de chats-robots.

Et je vous laisse sur cette image du défilé de Waseda.




samedi 6 novembre 2010

Plus que cinq minutes!

Un tout petit article aujourd'hui parce que j'ai vraiment le cerveau en compotte.

Comme je vous le disais, je devais me lever super tôt aujourd'hui pour un petit boulot pas trop dur qui rapporte un peu d'argent ( c'est toujours bon à prendre). En fait c'était un petit coup de bol. J'ai du faire un remplacement de dernière minute.

Le boulot, c'était de la surveillance pour un examen à la Kokusai kirisutokyô daigaku ( international christian school). C'était pas trop dur, il fallait juste s'activer un peu vers le début et vers la fin, au moment de distribuer et de ramasser les copies, mais à part ça, ben y avait pas grand chose à faire pendant le reste du temps. L'épreuve durait en tout près de six heures, et était subdivisée en petites épreuves de 25, 20, 15 ou 10 minutes, donc fallait quand même annoncer chaque épreuve, dire le temps restant. C'était sympa pour une fois de se placer du côté du surveillant qui attend juste que ça se passe alors que tout le monde dans la salle était en train de gratter frénétiquement. Et aussi de pouvoir dire de l'air le plus détaché du monde ce sadique "il ne reste plus que 5 minutes"...

Par contre, il a fallu se lever à 5 h du mat ce matin pour arriver là-bas à 7h20. L'université est située quelquepart dans l'Ouest de Tokyo, et pour y aller il fallait changer une fois de train et prendre le bus ensuite. Je me suis difficilement remis de ce réveil choc à 5 h, donc une fois rentré à la résidence j'ai essentiellement passé mon temps à dormir. Là j'émerge à peine...

Bon, ben voilà pour aujourd'hui hein!...

vendredi 5 novembre 2010

Breaking news

Aujourd'hui, un picard a été aperçu en costard-cravate du côté de Shiodome et de Kasumigaseki.

Ben dis donc, à peine un mois au Japon et déjà en costume... A ce rythme là, je pense que je vais vraiment finir avec les yeux bridés d'ici un an. A croire que Tokyo déteint vraiment sur mon apparence physique. Mon précédent séjour à Kyoto a changé beaucoup de choses dans ma tête, mais j'en suis revenu avec les cheveux plus blonds que jamais.

Enfin, je me suis pas mis à porter un costume comme ça juste pour le plaisir de porter un costume. Aujourd'hui, c'était tout de même tenue correcte exigée pour me rendre... au ministère des Affaires étrangères.

Il y avait une conférence organisée conjointement par le ministère des affaires étrangères japonais et la Croix Rouge. Une amie fait actuellement un stage à la croix rouge, et il se pourrait que je puisse aussi y rentrer vers janvier ou avril. Donc histoire de me faire un peu connaître des gens du bureau japonais de la croix rouge, mon amie m'a proposé d'aider à l'organisation de la conférence conjointe avec le ministère des affaires étrangères. ( un grand merci Saki).

J'avais pas de costume, alors j'en ai emprunté un à un ami chinois de la résidence ('sont sympas cette année les Chinois).

RDV ce matin au bureau de la croix rouge, puis à partir de là on prend tous le taxi pour se rendre au ministère. C'est un peu du luxe pour un pauvre étudiant d'utiliser le taxi dans Tokyo, alors se faire conduire juste devant le ministère des affaires étrangères, comment dire, je me suis légèrement senti V.I.P... :P

Photo de Kasumigaseki ( le quartier des ministères) vu depuis le ministère des affaires étrangères. Le bâtiment en soi est pas exceptionnel, mais la vue qu'il offre est imprenable.

Je vous raconterai le détail de toute cette journée demain. Pour l'heure, il faut que j'aille me coucher, car je suis fatigué de cette très intéressante mais longue journée, et demain je dois me lever tôt pour gagner facilement 7000 yen.

Je vous montre juste la photo qui fera sans nul doute beaucoup d'ombre au couple Bruni-Sarkozy quand elle va paraître dans gala :

jeudi 4 novembre 2010

Le mur de carottes

Vu l'autre jour à la cantine de Todai.

A la cantine de Todai, on peut manger de la cuisine au wok. Le principe est simple. On prend un bol que l'on remplit des légumes qu'on veut, puis les cuisiniers font chauffer le tout sur leur wok.

Sauf que comme vous le voyez les dés sont un peu pipés d'entrée de jeu, car les bols sont déjà remplis à ras bord de salade, et autres légumes aussi peu chers qu'insipides...

Le but du jeu : arriver à caser le maximum de légumes supplémentaires dans son bol. Tant que ça ne déborde pas, ça passe dans le wok...

Figure 1, "la montagne de légumes" ; la technique de l'étranger inexpérimenté:

Gros tas peu élégant et équilibre précaire. Faible optimisation de l'espace disponible.


Figure 2, "le mur de carottes" la technique du Japonais morfal :

Grâce à l'édification préalable d'un mur de carottes, le  bol peut contenir une plus grande quantité de légumes, et le résultat est tout de même plus esthétique que le gros tas informe de la figure précédente. Nécessite cependant une grande expertise pour parvenir à se constituer rapidement un mur de carottes stable et solide.


Figure 3 : avantages comparés du mur et du gros tas.
Y'a pas photo......


Figure 4 : Bon appétit

Un petit air de Kyoto...

Aujourd'hui c'était jour férié, et il a fait un temps magnifique. Je suis allé faire un tour dans le Nord-est de Tokyo, dans le quartier de Asakusa. Il s'agit de l'un des endroits les plus traditionnels de la capitale, même si on n'a pas tout à fait cette impression en sortant du métro...

Enfin, si on peut voir les pousse-pousse, c'est que les temples ne doivent pas être bien loins...



Oulala, et il y a du beau monde en plus aujourd'hui!! Ce pourrait-il qu'aujourd'hui soit jour de festival??
Et pas n'importe quel festival. Le festival de l'histoire, qui a lieu une fois par an et au cours duquel on peut voir défiler les gens dans les costumes des différentes époques de l'histoire japonaise...

Pour vous rafraîchir la mémoire, il y a deux ans ( déjà ) j'ai pu voir à Kyoto un festival très similaire
L'ancienne capitale et la capitale actuelle ont donc chacune leur festival de l'histoire. A Kyoto, le festival est très focalisé sur l'histoire ancienne du Japon, dont Kyoto a constitué le berceau. A Tokyo en revanche, on passe assez vite sur cette période :

Une ou deux légendes...
... et quelques batailles par-ci par-là. Voilà pour l'histoire ancienne.

On arrive très rapidement à la date de 1600. Année où le shogun Tokugawa parvient à unifier le Japon.

Voilà la star, le grand Tokugawa. C'est avec l'avènement du règne des Tokugawa que commence rééllement l'histoire de Tokyo. Les Tokugawa ont en effet décidé de faire de Tokyo ( qui s'appelait à l'époque Edo) leur capitale. L'Empereur reste symboliquement à Kyoto, mais ce sont bien les Tokugawa qui depuis Tokyo vont diriger le Japon pendant près de trois siècles.


Fondation du château d'Edo ( Tokyo ), siège du pouvoir des Tokugawa, aujourd'hui réduit à néant...



 Petit aperçu de la vie à Tokyo sous le règne des Tokugawa :
 Les pompiers, qui comme vous pouvez le remarquer ne disposent pas de lance à eau, mais plutôt de grands bâtons équipés de bouts métalliques bien aiguisés. Comme pratiquement toutes les maisons étaient à l'époque en bois, le but n'était pas d'éteindre le feu, mais d'éviter sa propagation en détruisant le plus vite possible les maisons avoisinantes...
 Le théatre... Ca avait l'air bien cool la vie sous les Tokugawa, jusqu'à ce que...
 1863 : Le commodore Perry accoste au Japon et réclame l'ouverture du pays à l'Occident... S'en suit une période de mini-guerre civile, entre les partisans d'un ordre nouveau et ceux qui ne veulent pas de la modernisation du Japon ( enfin c'est un peu plus compliqué que ça en vrai, mais il commence à se faire tard...). Que ça plaise ou non à Tom Cruise le dernier samurai, le Japon choisira finalement le chemin de la modernisation.
 Pas une bonne idée de laisser les gamins toucher aux nouveaux joujoux ramenés d'Occident...
Fin.